Il y a des matins où l'on voudrais jamais se lever ... Aujourd'hui est un jour comme ça.
Je me sens d'une humeur pitoyable, j'ai très mal dormis, des images m'envahissent depuis bientot deux semaines.
Ma mère à l'agonie ... Qui ne sait plus ce qu'elle dit, défoncée par l'alcool et la dernière bouteille de whisky qu'elle vient de finir d'avaler, sous mes yeux.
Mon attente face aux medecins, seule, qui allaient tout simplement m'annoncer que ma mère resterait, sans aucun doute, dans le coma pour la fin de sa vie.
Jour et nuit, l'observant à son chevet et décidant de lui rendre ce qu'elle avait toujours désirée ... La liberté de partir en paix avec elle même.
Ce fils, cet appareil, et moi ... Le choix difficile mais le meilleur en cette circonstance.
Le débranchement et l'adieu qui l'avait suivit ...
Son charisme et son caractère fort, je l'avais hérité . Sa faiblesse et son manque de confiance aussi.
Sa mort m'avait ouvert les yeux et je devenais détestable et antipathique à la vue d'une bouteille d'alcool.
J'avais décidée alors de quitter la France, pour venir m'installer ici, à Berlin.
Loin de toute la routine, de la famille et de souvenirs qui me hantaient.
Mon sourire, je le devais à une personne , capable de comprendre la souffrance de perdre un membre de sa famille que l'on aime.
Oui, bill était bien le seul, un confident, un grand frère ... Lui n'avait pas revu son frère jumeau depuis 2 ans. Il en souffrait mais en silence.
Ne se devoilant que face à moi, il avait fait le choix de s'éloigner de son quartier et de venir s'installer à Berlin.
Pour fuir les mêmes raisons que moi. Pour fuir ... fuir ...
En chacun de nous on trouvait la part de tendresse qu'il nous manquait, sans jamais avoir penser aller plus loin dans notre relation.
Pour ma part l'amour n'était pas une chose indispensable comme certains pourrait le penser.
Je misais tout sur mon travail. J'avais très vite appris à perfectionner mon allemand et à savoir le métriser.
Je n'avais aucuns diplomes mais mes conditions physiques m'avaient permis d'accèder à la police où très vite je me suis fait une place, à part entière.
Mes collèges me respecter, sans savoir pourtant la moindre choses de mon passé.
L'évolution qui avait suivit mon entrée dans ce commissariat de banlieue, c'était enchainée rapidemment.
Passant de simple agent de sécurité, à inspecteur, visitant aussi la part du métier que l'on appelle scientifique, auquel j'avais renoncée, ne me sentant pas à l'aise.
Retrouvant toujours, Bill ...
On était devenu comme inséparable, mais seulement au travail, car dès que la porte du commissariat était franchie, chacun reprenait sa part d'intimité.
Jusqu'à aujourd'hui, les enquêtes sur lesquelles j'avais était mise, étaient toutes banales.
Rien ne m'avait choqué au point de devenir renfermée.
Mais ce matin, avec les idées qui me venaient en tête, j'aurais bien voulu autre chose qu'une enquête de routine.
Et de parler à Bill, ailleur que dans une salle d'interrogatoire vide ou un bureau où le téléphone n'arrête pas de sonner.
Je voulais du changement, dans mes idées et dans ma vie.
Sortir, sourire, boire, fumer comme je ne l'avais jamais fait, par simple peur de mal tourner comme ma mère l'était devenue avant sa mort.
Une folle envie était instalée, à présent ...
Je m'habilla vite fait comme tous les matins, rangea les affaires que le colloc' laissaient trainer après ces soirées agitées.
Sa conquête d'hier soir avait du être préssée de repartir, elle n'avait que laisser son numéro de téléphone griffonné sur un bout de journal, qui trainait sur la table de cuisine.
Je partis quand tout fut ranger, et pris le chemin du travail en métro.
J'arriva au commissariat et m'entrepris de demander à Bill, avant la fin de la journée, une sortie banale ...
Mais dès que je croisa son regard ... plus aucuns mots ne pouvait sortir.
Ses yeux couleur noisettes, que j'admirais tant par leur beauté !
Ils me rapellaient vaguement un souvenir lointain que sans cesse, j'essayais de retrouver, mais qui en vain, me laisser perplexe ne de pas m'en souvenir.
Non, je ne lui avait toujours pas proposé de sortir, je coinçais ...
La journée se passa donc, comme les journées banales précédentes.
Je fus mise sur une enquête de cambriolage. Une infraction toute simple à résoudre.
Le voleur avait laissé ces empreintes sur la poignée. Maintenant la suite appartenait à la scientifique, qui examinerait les empreintes dans les labos.
Je ne pouvait plus retenir mes mots et sur le chemin du retour, je le regarda avec insistance jusqu'à qu'il me demande ...
Bill : Ca va pas ?
Moi : Si tout va bien, je voulais juste savoir si euh ...
Bill : Si, j'accepterais de sortir avec toi c'est ça ?
Moi : Hum ... C'est pas "sortir" le mot auquel je pensais. Mais plutot se voir ailleur qu'au commissariat.
Bill : Je suis d'accord, si tu veux savoir réellement. Ca fait deja un bon moment que j'y pensais aussi. Mais sans jamais oser le demander.
Je lui souris, idiot peut-être, mais j'étais heureuse de savoir que je n'étais pas la seule à y avoir réfléchi.